Parc des Princes : cinq questions sur le conflit entre le PSG et la Mairie de Paris – Les Échos

Les relations entre le club de la capitale et la Ville ont pris du plomb dans l'aile ces derniers jours, les deux parties s'accusant mutuellement des blocages qui entourent le projet d'agrandissement du Parc des Princes. Les positions semblent, à ce stade, difficiles à concilier.
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Le ton monte entre le PSG et la Ville de Paris. Depuis le Qatar, où il suit la Coupe du Monde, le patron du club, Nasser Al-Khelaïfi, multiplie les attaques au vitriol contre l'exécutif parisien, qu'il accuse de vouloir le chasser du Parc des Princes, le stade que le champion de France en titre occupe depuis 1974.
Le sujet n'est pas neuf. Voilà plusieurs années qu'il revient régulièrement sur la table, les propriétaires qatariens du PSG déplorant le fait d'avoir les mains liées par les règles de propriété de l'enceinte, qui l'empêchent, selon eux, d'y mener à bien tous leurs projets.
Le Parc des Princes est la propriété de la Ville de Paris. Elle le loue dans le cadre d'un bail emphytéotique à la Société d'exploitation Sports et événements (SESE). Fondée en 1990, celle-ci est historiquement détenue par le propriétaire du Paris-Saint-Germain. Qatar Sport Investment (QSI) en a ainsi pris le contrôle en 2013.
Le PSG n'est donc que locataire des lieux. Le nouveau bail de 30 ans entré en vigueur en 2014 prévoit une part fixe d'un million d'euros par an et une part variable « liée à l'évolution du chiffre d'affaires » du club. Au moment de la signature, la Mairie de Paris espérait voir ce loyer atteindre 3,5 millions d'euros annuels à terme. Le bail comprend également une clause obligeant le PSG à verser une « pénalité financière égale à sept ans de redevance » en cas de désengagement.
Le patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, ne s'en cache pas depuis le rachat du club en 2011 : le Parc des Princes est trop petit pour un club de premier plan en Europe. Dans sa configuration actuelle, le stade propose 48.000 places assises, quand la moyenne des enceintes du top 10 des clubs européens – en termes de revenus – dépasse 63.000.
La direction du PSG souhaiterait porter le nombre de places assises à 60.000, au minimum. L'objectif serait notamment d'augmenter le nombre de sièges VIP, les plus rentables. Dans les faits, ce total pourrait être obtenu par l'ajout d'un étage supplémentaire au sommet de l'enceinte et/ou par l'ajout de rangées de siège en bordure terrain. Mais QSI et Nasser Al-Khelaïfi, qui a déjà évoqué le chiffre de 80.000 places, ne verraient pas d'un mauvais oeil une démolition pure et simple pour construire un stade plus grand et plus moderne.
Si la Mairie de Paris s'est prononcée favorablement à un agrandissement du Parc des Princes, les points de désaccords avec le club sont nombreux. Le premier concerne l'ampleur du projet : la Ville considère qu'il sera impossible d'aller au-delà de 60.000 places sans toucher à la structure de l'enceinte, compte tenu de son architecture particulière et de son emplacement, puisqu'il est littéralement construit sur le périphérique parisien. Elle ne veut pas entendre parler d'une démolition pour construire un nouveau stade.
Mais les discussions patinent surtout sur la propriété de l'enceinte. Alors que la ville refuse de faire payer aux contribuables parisiens des travaux qui bénéficieraient en premier lieu aux actionnaires du club, celui-ci se dit prêt à se passer de fonds publics et à mettre 500 millions d'euros sur la table, à condition de devenir seul propriétaire du Parc. Une manière pour lui de retirer le plein potentiel financier de l'agrandissement et, surtout, de s'affranchir de l'avis du Conseil de Paris pour la réalisation de ses projets futurs.
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C'est là que les positions s'opposent. D'abord parce que la Ville n'a pas nécessairement l'intention de vendre un stade qui lui rapporte au moins 1 million d'euros par an, et dont le locataire finance les rénovations. Elle privilégie plutôt la solution d'une extension de la durée du bail emphytéotique avec le PSG sur une très longue durée.
Ensuite parce que les deux parties sont très éloignées d'un éventuel compromis pour une vente. Invité à faire une offre après avoir fait part de son intention de racheter le stade, le PSG a proposé un montant « très, très, très bas (et) très loin de l'estimation » de la Mairie, a souligné à l'AFP l'adjoint au Sport, Pierre Rabadan. Selon « L'Equipe », la ville estimerait son bien à 350 millions d'euros, tandis que le PSG n'aurait offert que 40 millions d'euros.
Le sujet a été relancé par une offensive médiatique en deux temps du patron du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, depuis le Qatar où se déroule la Coupe du Monde 2022. « Paris mérite un meilleur stade, a-t-il asséné, le 23 novembre, auprès de l'agence Bloomberg. […] Notre première option serait de rester au Parc des Princes, mais la Ville de Paris nous pousse à partir », ouvrant la voie à un possible déménagement du club.
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« Nous ne sommes plus les bienvenus au Parc », a-t-il poursuivi, une semaine plus tard, auprès du quotidien sportif espagnol « Marca ». « Nous avons investi 80 millions d'euros dans le stade, alors qu'il n'est pas à nous. Qui accepterait de faire ça ? », a-t-il encore questionné, en référence notamment à la rénovation du stade pour l'Euro 2016, entièrement financée par le club.
Une source interne au PSG a déclaré à l'AFP que ces déclarations montrent que la direction « arrive au bout de (sa) patience », après cinq ans de discussion. Au sein de la Mairie de Paris, l'agence cite une source évoquant plutôt un « contre-feu » de la part du dirigeant qatarien, alors que Nasser Al-Khelaïfi est cité dans plusieurs affaires judiciaires. La menace d'un déménagement peut aussi être vue comme un moyen de pression pour pousser l'exécutif parisien à infléchir sa position.
« La vente, on ne l'a pas exclue catégoriquement », mais c'est au juste prix, a souligné au « Parisien » le premier adjoint d'Anne Hidalgo Emmanuel Grégoire. Ironique, celui-ci a ajouté que « le PSG en propose 40 millions d'euros. […] Vous pensez vraiment que le Parc vaut moins que Leandro Paredes ? Ce n'est pas sérieux ». Une référence au prix payé par le PSG en 2019 pour les services du milieu argentin, parti depuis à la Juventus. S'il ne veut pas prendre les déclarations de Nasser Al-Khelaïfi comme de « l'hostilité » vis-à-vis de la Ville, Emmanuel Grégoire juge « insultant » de « lire que (nous voulons) les chasser du Parc ».
C'est la grande question au coeur des tensions entre le PSG et la Mairie de Paris. Et y répondre est un casse-tête, tant un stade est un bien immobilier très spécifique. Il y a d'un côté sa localisation, dans le XVIe arrondissement de Paris, l'un des secteurs les plus chers de France, et son emprise importante. De l'autre, le PSG est le seul acheteur potentiel et veut faire valoir ses investissements importants dans une enceinte dont il n'est pas propriétaire.
Alors que la ville en demande 350 millions d'euros, et que le club en propose 40, le service du Domaine parisien, qui gère les biens publics de la capitale, l'estime, selon « L'Equipe », à 200 millions d'euros. Soit un peu moins que le montant payé par le PSG en 2017 pour s'attacher les services de l'attaquant brésilien Neymar…
Florian Maussion
Infographie
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