Supply chain : 5 tendances pour prendre de l'avance – Les Échos

Encore réservé aux grandes et aux moyennes entreprises, le supply chain management infuse progressivement dans un nombre croissant d’organisations. Longtemps cantonné aux seuls transports et perçu comme un centre de coûts, le concept est de mieux en mieux appréhendé dans sa globalité. Il est devenu un outil de pilotage de l’ensemble des flux de l’entreprise, qu’ils soient physiques, financiers ou d’informations. Orienté vers la création de valeur, le supply chain management se distingue nettement de la logistique limitée aux seuls flux physiques. Tour d’horizon des cinq tendances qui bousculent une spécialité en pleine transformation.
Adoptée au cours des années 2000 par certaines entreprises pionnières, la logique de planification est aujourd’hui arrivée à maturité et séduit de plus en plus de groupes français comme Essilor, Michelin ou encore Sanofi. « Malgré un environnement économique toujours plus imprévisible, les entreprises ont acquis la conviction que pour bien acheter, produire et livrer, il fallait concevoir et planifier », explique Laurent Grégoire, président de la section thématique Logistique et supply chain de la Commission nationale des services.
De la chaîne de production au vendeur, ce travail de prévisions suppose que les sociétés réussissent à jongler entre plusieurs horizons : le très court terme pour anticiper la livraison des produits ou services ; le moyen terme pour perfectionner les familles de produits ; et le long terme pour programmer les investissements financiers les plus lourds. Matérialisé par un processus de Sales & Operations Planning (S&OP), ou Integrated Business Planning (IBP), éprouvé chaque mois, il traduit la stratégie de l’entreprise dans un déroulé opérationnel balisé semaine par semaine. Chez Essilor, ce process a, par exemple, permis de  garantir l’adéquation entre la charge et la capacité des usines de production de verres.
Parmi les différentes méthodologies avancées du supply chain management, le DDMRP (Demand Driven Material Requirements Planning) est sans doute celle qui, actuellement, a le plus le vent en poupe. Uniquement tirés par les demandes réelles des clients, les flux de production s’adaptent au jour le jour aux commandes grâce à un système de « buffers » – des zones tampons de stocks -, capables d’absorber les variations de la demande, et à un code couleur qui permet aux chaînes de fabrication de prioriser leurs tâches. Résultat : les stocks diminuent, tandis que le taux de service et la satisfaction des clients s’améliorent. « Attirées par le taux de service exceptionnel, les délais clients très courts et la meilleure capacité d’innovation que cette méthode permet d’atteindre, les entreprises comme Michelin, bioMérieux ou Air Liquide sont de plus en plus nombreuses à s’y convertir pour ne pas risquer de perdre des parts de marché », affirme Caroline Mondon, directrice générale de Fapics, association française de supply chain management.
Poussées par les investisseurs et les consommateurs, les entreprises cherchent à approfondir leur responsabilité sociétale et environnementale, ou politique RSE. Un objectif que la supply chain pourrait, dans les mois et les années à venir, leur donner les moyens d’atteindre. « Outre la quasi-suppression du gaspillage et la diminution des émissions de gaz à effet de serre qu’elle offre grâce à une meilleure gestion des stocks et à une plus grande efficacité des transports, la traçabilité des produits garantie par une supply chain maîtrisée peut aider les entreprises à développer leurs achats responsables », assure le nouveau président de Fapics, Rémi Lequette. Autrement dit, le supply chain management pourrait aider à détecter le sous-traitant peu éthique d’un fournisseur ou, au contraire, évaluer l’impact financier lié au choix d’un fournisseur responsable.
La supply chain n’échappe pas aux disruptions qui chamboulent le monde économique.
« On pourrait penser que l’économie circulaire améliore, grâce à sa logique de récupération, la productivité de la supply chain avec des flux de transport fonctionnant dans les deux sens et un meilleur taux de remplissage, détaille Laurent Grégoire. Or, on constate aujourd’hui que ce ne sont pas les mêmes camions qui livrent et récupèrent les marchandises, ce qui, à terme, pourrait conduire à l’augmentation du trafic routier et aller à l’encontre de la préservation de l’environnement. »
Quant à l’économie d’usage ou de fonctionnalité, elle s’invite peu à peu dans certaines stratégies B to B. Michelin propose, par exemple, à ses clients professionnels le paiement à l’usage de pneus de camion, et même d’avion, ce qui a poussé le fabricant clermontois à refondre l’organisation de sa chaîne logistique. « En parallèle, certaines entreprises songent à revoir leur politique d’entreposage en payant seulement en fonction des stocks qu’elles détiennent, ajoute Laurent Grégoire. On peut même imaginer que, dans un futur proche, la même logique s’applique aux lignes de fabrication. »
Encore en phase de test, l’imbrication de la blockchain dans la supply chain est vectrice de nombreuses promesses, particulièrement en matière de traçabilité. Ces derniers mois, Carrefour a appliqué cette technologie à ses filières poulet d’Auvergne et tomate « qualité Carrefour » afin de permettre au consommateur de disposer de certaines informations relatives au produit – origine, nom du producteur ou de l’éleveur, mode de culture ou d’élevage. Un système qui, outre la transparence qu’il génère, permet au distributeur de suivre le produit, mais aussi toutes les opérations directement afférentes.
Combinée aux « smart contracts » et à l’intelligence artificielle, la blockchain pourrait même, à terme, participer à l’automatisation quasi complète de la supply chain. « Conformément au ‘smart contract’ qui le relie à un distributeur, la production d’un fournisseur de boissons pourrait, lorsque la température dépasse 30 degrés deux jours de suite, augmenter automatiquement, sans qu’aucune personne n’ait eu à en discuter », imagine le chercheur. Encore théorique, une telle application bouleverserait, à coup sûr, l’organisation de la supply chain de demain.
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