Uber : 21 euros de l'heure garantis pour 50 heures de travail par semaine ? – Economie Matin

Selon le journal Les Echos, Uber aurait en tête une proposition pour garantir à ses chauffeurs un chiffre d’affaires décent chaque mois. Sous conditions, bien évidemment : il va falloir oublier le concept des 35 heures de travail hebdomadaire car, pour Uber, ce n’est pas suffisant.
Le groupe proposerait un chiffre d’affaires garanti à ses chauffeurs dès lors qu’ils se connectent sur la plateforme un minimum de 50 heures par semaine, soit 10 heures par jour du lundi au vendredi ou un peu plus de 7 heures par jour 7j/7. Un minimum pour bénéficier d’un salaire horaire confortable ou presque.
Uber garantirait à ses chauffeurs un chiffre d’affaires de 4 200 euros pour toute personne connectée à sa plateforme 50 heures par semaine minimum. De fait, si un chauffeur n’atteint pas ce niveau de facturation par lui-même, Uber lui verserait la différence.
Ce projet permettrait à Uber de limiter la grogne de ses chauffeurs bien que les 50 heures par semaine soient un minimum d’heures de travail très élevé. L’idée, derrière ce projet, est de ne pas toucher à la rémunération d’Uber qui continuera de prélever 25 % du prix de la course.
Surtout, Uber espère ainsi éviter de devoir embaucher ses chauffeurs. Le projet de rémunération garantie est même un potentiel problème : Thibaud Simphal, PDG d’Uber France, a déclaré au Figaro « Il faudra pouvoir assurer que l'État et les administrations garantissent que ce dispositif de soutien ne posera aucun risque de requalification des contrats des chauffeurs. »
L’idée est donc claire : il n’est pas question pour Uber de risquer de devoir payer des salaires et des charges pour ses chauffeurs. Uber est même déjà en conflit avec l’Urssaf sur cette question. Pas sûr qu’une obligation de travailler X heures par semaine pour toucher une rémunération garantie ne soit pas assimilable à un salaire.
La proposition d’Uber, si elle est validée (il reste encore des questions en suspens donc les discussions sont loin d’être terminées), permettrait aux chauffeurs de toucher 4 200 euros par mois pour 50 heures travaillées soit une rémunération de 21 euros bruts de l’heure.
Sur ce montant, les chauffeurs doivent déduire entre 40 % et 50 % pour les frais d’essence et de véhicule et, bien évidemment, payer les différents impôts liés à leur statut d’indépendant. Supposons que tout ça ne représente que 50 % du salaire, les revenus des VTC d’Uber tomberaient alors à 2 100 euros pour 50 heures de travail par semaine soit 10,50 euros de l’heure. Légèrement plus que le SMIC.
Et encore, c’est sans compter les incidents de parcours comme la maladie, une panne du véhicule… autant de détails qui pourraient empêcher un chauffeur d’atteindre les 50 heures par semaine et donc lui feraient perdre la garantie. Sans, bien évidemment, avoir de compensation puisqu’il n’est pas salarié. Uber va-t-elle proposer une solution pour ces problèmes de la vie courante qui ne touchent pas les salariés qui sont couverts par leur contrat de travail ?
Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s’est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l’équipe d’EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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