Usine 4.0 : les compétences nécessaires aux futurs directeurs de sites innovants. Par Gwenola Dubois-Dorkel – Focus RH

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Viser l’efficacité optimale des processus de production et le risque minimal. Tel est l’objectif que doit constamment avoir un directeur d’usine 4.0. Il faut pour cela viser l’excellence opérationnelle et optimiser le travail des opérateurs en facilitant la collaboration entre les différents intervenants.
Cloud computing, Big Data, machine learning : l’usine du futur (usine 4.0) agrège un ensemble de technologies dont la donnée est la matière première. Pour rester compétitive, cette usine du futur doit évoluer aussi vite que le secteur du numérique l’exige. Aux directeurs de ces sites de bien accompagner l’innovation.
Savoir utiliser les concepts les plus avancés dans l’industrie :
Pour qu’une usine 4.0 puisse se concevoir et s’implanter correctement, il est fondamental que le responsable d’usine sache mettre en place des méthodologies industrielles selon les concepts les plus éprouvés.  
Viser l’excellence opérationnelle avec le lean-management 
Un bon directeur d’usine 4.0 doit viser l’excellence opérationnelle : non seulement en termes de cou?ts mais aussi de de?veloppement durable, de processus… Un bon moyen est d’adapter les méthodes du lean-management, largement usitées dans le secteur automobile depuis plus de 15 ans. Implanter ces méthodes permet notamment de réduire les temps de cycles de production et donner de l’autonomie aux personnels d’ateliers qui jouent dorénavant un rôle clé.
Se positionner sur l’expérience utilisateur et client
Il s’agit aussi d’améliorer les processus centrés sur la satisfaction client par l’ensemble du personnel et de résoudre un problème plutôt que de le contourner. Cette méthode lean favorise l’engagement collectif dans la recherche d’efficacité (chasse au gaspillage, élimination des activités inutiles…) et permet de dégager des résultats financiers pour l’ensemble des partenaires de la chaîne de valeur : meilleurs rapport qualité/prix pour les clients, emplois et primes pour les employés, activité et rentabilité pour les fournisseurs tout en dégageant croissance et bénéfices pour l’entreprise.
Contribuer à la performance par un suivi en temps réel
Autre compétence nécessaire, l’accompagnement à l’automatisation et à la dématérialisation. Pour cela, le directeur d’usine 4.0 s’appuiera sur le Manufacturing Execution System (gestion des processus industriels permettant de collecter en temps réel les données de production). Cela lui permet de suivre les KPI (indicateurs de performance) de chaque atelier en temps réel. Il est ainsi possible de prendre les actions correctives de manière quasi instantanées quand, auparavant, les remontées s’effectuaient quelques jours voire semaines plus tard.
Savoir remettre l’humain au cœur du processus industriel :
L’usine du futur n’est pas qu’une simple agrégation de technologies. Et encore moins une usine désincarnée sans présence humaine. Bien au contraire ! L’usine 4.0 se caractérise par l’implication de tout le personnel, l’apprentissage permanent et une interactivité à tous les instants. Les hommes sont au cœur de l’usine. Tout l’enjeu de ces usines est de disposer d’un modèle où l’opérateur agit et prend des initiatives en ne gérant plus que les exceptions (imprévus sur la chaîne de fabrication).
Favoriser l’apprentissage continu des collaborateurs
Savoir embarquer les équipes est d’autant plus primordial qu’avec l’usine 4.0 on coupe des niveaux hiérarchiques. C’est à ce nouveau directeur d’usine 4.0, épaulé en grande partie dans sa stratégie par les RH, qu’incombe la tâche de savoir redéfinir le rôle des salariés et de les impliquer dans le changement. L’accompagnement du changement, mené par les RH, est un des facteurs clés de succès des transformations digitales, cela est vrai pour la mise en place d’usines 4.0. Cela passe notamment par la mise en place de modules de formation, des managers et bien plus des opérateurs. Face à ces mutations technologiques, ces opérateurs deviennent en effet des pilotes. Leur fonction évolue, ils gagnent en autonomie et doivent en permanence s’approprier les nouvelles technologies mises à leur disposition.
Développer l’intelligence collaborative et la créativité
Cette révolution digitale est surtout créatrice d’une nouvelle dynamique de marché. Le directeur d’usine 4.0 est en devoir de trouver des personnes capables d’accomplir les tâches dites non routinières requises par le nouveau système (créativité plutôt que reproduction, raisonnement plutôt qu’apprentissage, intelligence collaborative plutôt qu’état d’esprit concurrentiel).
Les RH ont un rôle important à jouer pour revoir les approches de l’organisation du travail, favoriser de nouvelles façons de travailler ensemble en tirant parti des technologies. Cela signifie revoir les modèles de management et recourir à des outils collaboratifs pour impliquer des compétences plus larges sur des sujets transverses.
Avoir une vision anticipatrice des emplois de demain
60 % des métiers d’aujourd’hui n’existeront plus dans vingt ans. 60 % des métiers de demain n’existent pas encore actuellement. Le dirigeant de l’usine 4.0, par l’entremise du DRH, a une nécessaire capacité de projection. Il doit avoir un coup d’avance et pouvoir déployer des forces qui vont bien au-delà de celles d’aujourd’hui. Son entreprise dispose-t-elle déjà des compétences attendues demain ? Quel rôle jouer au niveau de la formation ? Il est également de sa responsabilité de mener une étude d’impact sur les emplois liés à l’intégration du numérique dans les usines (en termes d’évolution/destruction/création d’emplois). 
En intégrant aujourd’hui la problématique sur les compétences attendues demain, un bon directeur d’usine 4.0 ouvre la voie des possibles pour une croissance des emplois dans l’industrie et une réintégration possible de partie de la production française sur son territoire. Usine 4.0 : en route vers la démondialisation ?
A propos de l’auteur
Gwenola Dubois-Dorkel est consultante Arthur Hunt Transition, groupe qui accompagne les entreprises dans la mise en place d’usine 4.0, avec des managers de transition en soutien ou en remplacement des directeurs d’usine. 
 
 
15 nov.2022
23 nov.2022
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