État-major opérationnel, la tour de contrôle des opérations – Gendarmerie Nationale – Gendinfo

À la croisée des forces et des capacités du GIGN, l’EMOPS a pour mission d’évaluer les saisines opérationnelles, de proposer l’engagement du Groupe au commandant de l’unité et de décider de celui de ses antennes régionales, tout en s’assurant du suivi des opérations. Sa priorité : offrir une solution sur-mesure aux unités requérantes, de manière planifiée comme sous le signe de l’urgence, en leur proposant la diversité et la technicité des compétences et des moyens détenus au sein de l’unité.
L’État-major opérationnel, ou EMOPS pour les connaisseurs, est véritablement la tour de contrôle des opérations du GIGN. Toutes les sollicitations d’engagement opérationnel (judiciaires ou administratives), dans les domaines de l’intervention, de la protection ou encore de l’acquisition du renseignement, y convergent H.24. Le commandement de l’EMOPS en assure l’évaluation et juge de la pertinence de l’engagement et de son niveau.
Une décision que le chef d’état-major opérationnel et son adjoint ne prennent pas seuls, mais après concertation avec les Cellules d’évaluation des objectifs (CEO) des forces concernées (intervention et observation recherche), les échelons de commandement de la Force sécurité protection (FSP) et de la Division technique (D.T.), qui engage ses cellules spécialisées en appui des opérations. « Une situation peut justifier du concours complémentaire de différents métiers, que l’on a l’avantage indéniable de détenir tous réunis au sein même du G.I. Cette combinaison de capacités et de moyens, parfois uniques en France, nous permet de répondre à toute saisine de manière ciblée et parfois innovante, et d’intervenir sur le spectre toujours plus large de la lutte contre le terrorisme et en réponse aux défis imposés par la grande criminalité. Le GIGN contribue ainsi à tous les plans nationaux de type PIRATE (CTM, CTA, PIRANET, PPMT), mais s’impose également de pouvoir intervenir en tous temps et tous milieux, dans la plus grande autonomie possible (sur point fixe ou en mobilité, lors de grands événements, en zone contaminée – protections contre les menaces NRBC –, dans le monde numérique,…). Nous proposons systématiquement un coût complet adapté et le plus cohérent possible, du sur-mesure », présente le COL Benoît, commandant de l’EMOPS.
Les évaluations reposent sur un certain nombre de principes : la dangerosité de la situation ou de la cible, la sensibilité, la technicité de l’intervention (nécessité de moyens particuliers ou de modes opératoires spécifiques) ou encore la complexité du dossier. « Nous faisons tout pour répondre de manière précise et rapide aux besoins exprimés, en proposant à toutes les sollicitations une évaluation personnalisée. Soit elle aboutira à l’engagement du G.I., soit elle orientera vers d’autres unités d’intervention intermédiaire ou élémentaire. L’objectif consiste à accompagner la demande et à trouver une réponse adaptée à chaque situation, au bénéfice de celui qui exprime, en urgence comme en planification, un besoin en intervention, y compris si celui-ci n’est pas du niveau de l’intervention spécialisée. Notre réponse engage notre responsabilité, mais, bien qu’elle repose aujourd’hui sur l’expérience de très nombreux cas vécus ou appréhendés, elle nécessite une grande humilité face à l’incertitude qui jalonne le quotidien du gendarme de terrain, poursuit l’officier. Nous avons souhaité améliorer l’accessibilité du GIGN en sa qualité d’outil spécialisé au profit de toute la gendarmerie. La saisine a été simplifiée et deux clics suffisent sur Intranet pour solliciter une évaluation de l’unité. Un canevas et une structure de message pré-définis nous permettent, selon une trame unique, de disposer du maximum d’informations nécessaires à une évaluation fine de la mission et à son suivi. Ce processus doit nous assurer une prise en compte et une exploitation optimale des saisines du GIGN, via une interface qui regroupe toutes les informations qui en découlent et qui pourront être exploitées a posteriori au travers des RETEX ou sous forme de statistiques et de tendances. »
Au rythme de huit missions par jour, l’année 2021 aura vu en moyenne la gestion d’un forcené par semaine, d’une interception de “Go Fast” par mois, l’interpellation de 834 criminels et plus de 450 assistances en négociation.
En 2021, l’EMOPS a suivi quasiment 3 000 engagements dans les domaines de l’intervention, de la protection ou de l’observation-recherche, en métropole, en outre-mer et à l’étranger. À ces déploiements, viennent s’agréger près de 600 concours techniques spécialisés en matière d’acquisition du renseignement, de mise en sécurité de site et d’événements ou encore d’audits à haute valeur ajoutée. Au rythme de huit missions par jour, l’année 2021 aura vu en moyenne la gestion d’un forcené par semaine, d’une interception de “Go Fast” par mois, l’interpellation de 834 criminels et plus de 450 assistances en négociation.
L’engagement du GIGN sur le territoire national dans le cadre du droit commun relève des prérogatives du chef du GIGN. Dans le cadre d’actes de terrorisme, de projections à l’étranger et d’appuis à des partenaires extérieurs, la décision revient au Directeur des opérations et de l’emploi, qui s’appuie alors sur les préconisations du Groupe. Le CEMOPS se voit quant à lui confier, par délégation, l’engagement des AGIGN, à l’exception des outre-mer, dans lesquels les COMGEND (Commandements de la Gendarmerie) ont délégation du général commandant le GIGN pour leur emploi, « ce qui ne nous empêche pas d’avoir un suivi étroit, notamment par le biais de l’EMOPS, de la F.I. et de la force antennes. »
Cette mobilisation impose naturellement une veille permanente de l’actualité de la gendarmerie, des enjeux de politique intérieure et des intérêts français dans le monde. « Nous sommes dans une guerre du temps. Il faut donc être en veille permanente, de façon à anticiper toute sollicitation, même les plus inattendues ou imprévues. Quand j’appréhende une zone grise, j’active la Cellule opérations emploi (COE), les cellules évaluation, et je pré-alerte les officiers d’alerte et leurs chefs de force. »
Le maître mot de l’engagement du G.I. reste l’interopérabilité. D’abord entre les différentes forces du Groupe, afin d’offrir une solution adaptée, modulaire, en autonomie et en cohérence, mais aussi en associant les différentes compétences de la gendarmerie, voire des savoir-faire extérieurs.
Nous nous imposons d’éprouver nos capacités intégrées de gestion de crise, au quotidien comme dans la perspective d’une situation de haute intensité, tout en restant intégrables et connectés à la réalité qui nous entoure.
« Le Groupe propose son expertise à la gendarmerie, notamment en termes d’équipements. Nous apportons des solutions techniques qui vont contribuer à l’amélioration des capacités locales et leur permettre de surmonter d’éventuels obstacles ou limites. Tout en essayant de catalyser les différentes capacités, nous recherchons toujours l’intégration de nos moyens aux dispositifs déployés par la gendarmerie, en interaction et en harmonie, en vue de concourir ensemble à la résolution de la crise. Ce fut notamment le cas lors des différentes traques survenues en 2021, qui ont vu la projection de nombreux moyens du G.I. en appui des échelons territoriaux, développe le COL Benoît. La recherche permanente d’une interopérabilité fluide et efficace est un enjeu de premier ordre. Elle procède d’une préparation opérationnelle pragmatique et volontariste, en nous poussant à nous maintenir toujours en éveil et à nous remettre en cause constamment. Nous nous mobilisons ainsi sur des sujets thématiques d’actualité, découlant d’une étude des tendances, recherchant toujours à conserver un temps d’avance. En somme, nous nous imposons d’éprouver nos capacités intégrées de gestion de crise, au quotidien comme dans la perspective d’une situation de haute intensité, tout en restant intégrables et connectés à la réalité qui nous entoure. »
Par exemple, lors du premier semestre 2021, la thématique des traques avait été travaillée… juste avant la série survenue en juin en Dordogne, dans les Cévennes, puis dans les Alpes-Maritimes. Le haut du spectre du rétablissement de l’ordre avait également été l’objet d’entraînements en lien étroit avec le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie et la gendarmerie mobile… juste avant que ne surviennent les troubles récents dans les Antilles, situation qui a justifié, par sa sensibilité et sa gravité, la combinaison « intervention spécialisée – unités mobiles » face aux attaques et aux tirs de l’adversaire.
Le souhait du GIGN consiste également à améliorer toujours davantage l’interopérabilité et les interactions au sein de la communauté de l’intervention spécialisée de la gendarmerie, notamment en consolidant, puis en élargissant les compétences socles des antennes, visant in fine leur montée en gamme. En sa qualité d’outil interministériel, le G.I. conserve de surcroît pour objectif la densification de ses liens avec les armées, jusqu’au développement de cette dynamique partenariale au-delà du seul cadre institutionnel.
L’évaluation, l’engagement et le suivi des missions ne sont pas les seules fonctions de l’EMOPS. Si la transformation de l’unité en GIGN 3.0 l’a déchargé de la gestion des cellules composant désormais la division technique, l’état-major opérationnel compte plusieurs cellules spécialisées poursuivant des missions d’appui bien spécifiques, opératives (aide à la décision), « offensives » (au sein de la colonne d’assaut), voire transverses.
Si chaque chef de force est responsable de la mise en condition opérationnelle de ses personnels, cette cellule dédiée intègre dans l’agenda du GIGN ou prend à sa charge les exercices majeurs, interservices ou interministériels (contre-terrorisme nucléaire, maritime, aérien ou des exercices dimensionnés impliquant les moyens d’appui aérien…). Elle peut être impliquée dès leur conception et jusqu’à la mobilisation des forces, en passant par l’animation des scénarios, et ce afin de les mettre en cohérence avec les objectifs et les priorités opérationnelles du commandant du GIGN.
Largement employée, la négociation est une capacité déterminante dans la résolution de nombreuses crises. Au-delà du seul vivier des négociateurs du GIGN, elle assure la sélection, la formation, l’animation et le contrôle du réseau des 350 négociateurs régionaux (NEG REG), tout en conservant la capacité à s’y substituer, quand la crise le justifie. Les négociateurs sont formés pour appréhender de manière fine les caractères, les profils et tenter d’anticiper les réactions des protagonistes.
La CNN prospecte également pour élargir toujours davantage le champ des perspectives offertes par cette spécialité décisive. Elle développe ainsi des solutions technologiques en matière d’acquisition de renseignement à vocation opérationnelle (exploitation de toute source humaine pouvant être impliquée au cours d’une crise), ou encore, en lien avec le service des technologies et des systèmes d’information de la Sécurité intérieure (ST[SI]²), travaille, via un outil cartographique, à optimiser la mobilisation permanente de tout NEG REG disponible, et qui se trouverait au plus près d’une situation de crise.
« Le quotidien de la COE impose une grande flexibilité. » C’est en effet elle qui formalise toutes les décisions d’engagement du G.I. : messages, relations avec les unités requérantes, suivi, etc. Elle arme par ailleurs une permanence avec l’alerte 1, en mesure de se projeter en temps de crise et d’armer un poste de commandement avancé, en lien étroit avec les SIC (Systèmes d’information et de communication). Elle offre ainsi, par son travail préparatoire, un appui direct et immédiat au commandement, apportant une aide précieuse pour les décisions opérationnelles : collecte, analyse, synthèse et mise en forme (chronologie, cartographie) des informations issues de tous les capteurs et services, tenue de la main courante des opérations, etc.
Par ailleurs, depuis la création du Centre national des opérations (CNO), à la DGGN, un militaire de la COE y fait office d’officier de liaison et assure le lien entre l’échelon central de conduite opérationnelle et l’un de ses outils spécialisés, le GIGN, apportant sa culture de gestion de crise et facilitant l’offre de services.
La cellule assure également le suivi de tous les théâtres à l’étranger, en lien direct avec le Quai d’Orsay (projections, relèves, appui…).
Le BAS regroupe à lui seul sept cellules d’experts offrant des conseils et des appuis spécialisés au commandement, tout en assurant le maintien en condition opérationnelle de capacités rares : « aéro », effraction, CNRBC, dépiégeage d’assaut, veille stratégique, audits et dossiers objectifs, groupe d’appui cynophile. Engagés au quotidien en opérations et dans le développement de leurs domaines de spécialité, un certain nombre de ces technicités trouvent en complément des opérateurs relais au sein des forces et des antennes. Cette complémentarité permet de cultiver dans le même temps l’animation et le suivi de projets d’innovation et de prospective sur le long terme, tout en maintenant accessibles certains savoir-faire de haute technicité au cœur des opérations.
 La cellule « aéro » est incarnée par un personnel dédié à la gestion et à la coordination des moyens déployés dans la 3e dimension. Elle s’implique dans la programmation des entraînements et assure le suivi des qualifications des personnels du GIGN, en lien toujours étroit avec les Forces aériennes de gendarmerie (FAG) et le Groupe interarmées d’hélicoptères (GIH). Lors d’opérations, elle permet de fluidifier l’engagement, tout en garantissant la bonne prise en compte du volet sécurité incontournable. Sa connaissance des contraintes d’emport de personnels et de matériel, ou encore de la nécessité ou pas d’avitailler en carburant en cours de trajet, est essentielle.
– La cellule effraction dispose d’une expertise unique au monde en matière d’ouverture d’entrants, du plus traditionnel (portes, fenêtres…) au moins conventionnel (dalle, plancher, plafond, portes d’avion, de bateau…), qui pourraient faire obstacle à la progression de la colonne d’assaut. La cellule, qui a ses relais au sein des sections intervention, travaille plus spécifiquement à trouver des solutions innovantes en matière d’effraction, en s’appuyant particulièrement sur l’utilisation millimétrée des explosifs, pour, là encore, offrir une solution sur-mesure limitant au maximum les dommages collatéraux à l’occasion des ouvertures réalisées.
- la cellule CNRBC offre la capacité d’intervenir en autonomie dans toute situation où les personnels pourraient être exposés à un risque NRBC. Grâce à une capacité de détection et d’analyse poussée de tout type d’environnement vicié, couplée à des moyens de protection renforcés, innovants et qui ont pu, pour certains, être développés en lien avec le SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale), cette cellule concourt à l’autonomie du GIGN dans ce domaine de haute technicité. Au sein des sections d’intervention, les militaires sont également sensibilisés à la menace NRBC, à même ainsi de conseiller le commandement de contact. L’objectif consiste à pouvoir mener à bien l’ensemble des missions du GIGN en atmosphère saine comme en milieu vicié, et permettre son déploiement en tous lieux et tous temps, en appui des otages ou victimes potentielles. Cette spécialité nécessite un entraînement régulier et le maintien en condition opérationnelle du matériel, ainsi que le développement de matériels innovants et particulièrement coûteux.
- La cellule dépiégeage d’assaut comprend cinq experts des plus qualifiés en matière d’appréhension de la menace de piégeage et des risques explosifs associant l’utilisation de tout type de munitions ou d’engins artisanaux. Formés au cours d’un cursus interarmées intensif animé à Angers, ils ont obtenu la qualification ultime d’EOD. Afin d’adapter tous ces savoir-faire aux modes opératoires spécifiques du GIGN, ils suivent ensuite un stage de dix semaines visant à mettre les qualifications acquises en cohérence avec les besoins opérationnels de la Force intervention qui les emploie.
Si tous les militaires possèdent la technicité « reco nedex », la cellule des dépiégeurs d’assaut offre l’expertise de personnels spécialisés, capables d’intervenir en sécurité sur tous les engins, toutes les armes et toutes les munitions. Voués à être intégrés à la colonne d’assaut, ces experts sont donc soumis au régime d’alerte des sections d’intervention, avec pour mission de sécuriser la progression de leurs camarades, en détectant, identifiant et neutralisant la menace dès qu’il est possible de le faire, dans le temps de l’action.
– La Cellule veille stratégique (CVS) effectue la veille de l’actualité pouvant intéresser le GIGN, ainsi que la captation, l’analyse et la synthèse du renseignement en source ouverte. Elle concourt à la détection de phénomènes pouvant intéresser l’unité et lui permettre de s’adapter sans cesse à l’évolution des menaces, notamment terroristes. Sur commande, elle peut travailler sur des thématiques particulières, en lien étroit avec la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), au bénéfice du commandement des opérations et des personnels engagés sur les différents théâtres. Pour ce faire, elle développe, en lien avec les négociateurs et la D.T., des outils de veille toujours plus performants, notamment pour les recherches en sources ouvertes. En temps de crise, la CVS est activée en base arrière, avec pour mission de faire converger toutes les informations vers le commandement (OSINT, institutionnelles, classifiées).
– La Cellule appui dossier objectifs (CADO) agit en deux temps : des audits de haut niveau en temps froid, sur des cibles sensibles, comme il en a été réalisé un au profit de l’Assemblée nationale, ou de nombreux sites d’importance vitale, afin de détecter d’éventuelles vulnérabilités ou failles de sécurité, autant que de dispenser des recommandations pratiques. En situation de crise, son rôle consiste à concevoir des dossiers d’objectif à vocation opérationnelle et à rassembler un maximum d’informations dans un temps le plus court possible sur le site concerné. À cet effet, elle met en place, en anticipation, des procédures opérationnelles entre le GIGN et de nombreux partenaires privés, dans un esprit de simplification et d’accessibilité facilitée. Les dossiers d’objectifs, harmonisés selon une trame identique et pragmatique, sont ainsi le plus possible dématérialisés, afin de faciliter leur actualisation et leur récupération.
– Le Groupe d’appui cynophile (GAC) regroupe toute la capacité cynophile de l’unité : assaut, détection d’explosifs et même, pour certains chiens, la fusion de ces technicités et paramètres. Aux engagements opérationnels au sein des sections d’alerte de la F.I. ou lors des missions de sécurisation de sites ou d’événements au profit du GSPR, s’ajoute un volet développement de nouvelles techniques étroitement associées à des innovations technologiques, comme la conduite des chiens à distance et par radio, la diversification des types d’actions que les chiens peuvent réaliser (dépose de matériel, reconnaissance d’un lieu, diversion…) ou encore leur guidage par désignation laser des objectifs (détection d’explosifs).

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