La réponse cash d'Emmanuel Macron sur les Uber Files – Linternaute.com

La réponse cash d'Emmanuel Macron sur les Uber Files "Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre", réagit Emmanuel Macron aux critiques qui pleuvent sur lui, depuis que le Monde a révélé ses liens étroits avec l’entreprise Uber lorsqu’il était ministre de l’Economie.
"Si c'était à refaire, je le referais", lâche Emmanuel Macron devant la presse, en marge de son déplacement en Isère. Depuis deux jours que les révélations des Uber files s'enchainent, le président de la République s'est enfin exprimé, en quelques mots, sur le sujet, ce mardi 12 juillet. Accusé d'avoir favorisé l'implantation de l'entreprise Uber en France en simplifiant la loi régissant les chauffeurs VTC, Emmanuel Macron "assume", affirmant : "Il faut lutter par tous les moyens contre le chômage de masse. J'assume, parce que ça a créé de l'emploi et que c'est le rôle du ministère de l'Économie." Interrogé sur les réactions virulentes de l'opposition, notamment de la Nupes qui promet une commission d'enquête, le chef d'Etat n'a pas mâché ses mots, citant Jacques Chirac : "Ca m'en touche une sans faire bouger l'autre. […] Ils ont perdu la boussole! Quand on croit dans la justice sociale, dans l'égalité des chances, il faut se battre pour que les jeunes qui viennent de milieux difficiles aient des emplois. Ca n'a jamais été leur combat, moi, ça a été le mien !"
Revenons sur l'affaire. Dimanche 10 juillet, le Monde publie un article révélant les liens privilégiés d'Emmanuel Macron avec des lobbyistes de l'entreprise Uber, entre 2014 et 2016, alors qu'il était ministre de l'Economie. L'enquête s'appuie sur des documents internes à l'entreprises fournis au Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Elle conclut à l'existence d'un "deal" passé entre Emmanuel Macron et Uber en 2015 visant à simplifier la loi réglementant les chauffeurs VTC en France. Lundi 11 juillet, la source interne à Uber à l'origine de ces documents s'est révélée être Mark MacGann, le lobbyiste en lien étroit avec Emmanuel Macron. Mark MacGann a même confié au Guardian avoir participé au financement d'En Marche ! et de la campagne présidentielle de Macron en 2016, à titre personnel.
L'enquête du Monde n'hésite pas à affirmer l'existence d'un "deal" conclu entre Uber et celui qui était alors ministre de l'Economie. Qu'en est-il exactement ? Revenons sur les faits : en octobre 2014, la loi Thévenoud, votée à l'Assemblée, encadrait strictement les conditions pour devenir chauffeur VTC. De fait, cette loi interdisait le nouveau service d'Uber, UberPop, dont le principe était que n'importe qui pouvait se déclarer chauffeur Uber. C'est alors que, selon les informations du Monde, des cadres d'Uber France ont rencontré Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, et trouvé dans le futur président un soutien significatif. Dans les dix-huit mois suivants l'arrivée de Macron à Bercy, le quotidien décompte 17 entretiens entre Uber et l'équipe du futur président de la République.
Plus précisément, le "deal" dont parle Le Monde se serait noué en juillet 2015 : des échanges de SMS suggèrent un accord "gagnant-gagnant". Emmanuel Macron s'engageait à simplifier les réglementations concernant les conditions d'accès à la licence de chauffeur VTC. En échange, Uber renonçait à son service UberPop. Le ministre de l'Economie a alors suggéré à Uber de rédiger des amendements à la loi régissant les chauffeurs VTC et de les transmettre directement au député socialiste Luc Belot, très favorable à l'entreprise. C'est ce qui a été fait : les amendements ont tous été rejetés à l'Assemblée, mais Emmanuel Macron a saisi l'occasion pour annoncer un décret qui en reprenait les grandes lignes. Début 2016, ce décret réduisait drastiquement le nombre d'heures de formation nécessaires à l'obtention d'une licence de chauffeur VTC. Dans la foulée, Uber renonçait à son service UberPop.
Lors des échanges du 3 juillet qui ont entériné ce "deal", Emmanuel Macron a assuré à Travis Kalanick, le PDG d'Uber, avoir reçu l'aval du Premier ministre, Manuel Valls, et de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur : "Nous avons eu une réunion hier avec le Premier ministre", écrivait Macron. "Cazeneuve s'assurera que les taxis restent calmes et je réunirai tout le monde la semaine prochaine pour préparer la réforme et corriger la loi. Caz a accepté le deal." Interrogé par le Monde lundi 11 juillet, Bernard Cazeneuve a nié avoir eu connaissance de l'accord en question. De son côté, François Hollande, interrogé par Libération, assure qu'il "n'y a jamais eu, au niveau de l'Elysée, la connaissance du moindre deal. Si ça s'est fait, l'Elysée n'était pas au courant."
Le Monde relate aussi plusieurs épisodes où des membres d'Uber, dans des situations désavantageuses, se sont directement adressés à Emmanuel Macron pour lui demander son soutien. En octobre, Laurent Nuñez, préfet de police de Marseille, signait un arrêté interdisant Uber dans une partie du département des Bouches-du-Rhône. Aussitôt, un SMS était expédié à Macron par Mark MacGann, lobbyiste en chef d'Uber : "Pourriez-vous demander à votre cabinet de nous aider à comprendre ce qui se passe ?" Ce à quoi le ministre de l'Economie répondait qu'il allait "regarder cela personnellement". trois jours plus tard, le décret était revu et l'interdiction disparaissait. Laurent Nuñez, devenu proche conseiller de l'Elysée, assure aujourd'hui au Monde n'avoir subi aucune pression.
Quelques mois plus tôt, en juillet 2015, lors d'une perquisition menée par le ministère du Budget au siège d'Uber à Paris, pour des soupçons d'évasion fiscale, Mark MacGann s'était déjà tourné vers Emmanuel Macron par SMS : "Désolé de vous embêter, mais descente en ce moment d'une vingtaine de fonctionnaires de la direction des finances publiques. Ils disent qu'ils vont mettre [nos] dirigeants en garde à vue. […] Pouvez-vous demander à vos services de nous conseiller ?" Ce SMS était resté sans réponse.
D'abord source anonyme, l'ancien lobbyiste d'Uber, Mark MacGann, a révélé son identité lundi 11 juillet en répondant aux questions du quotidien britannique The Guardian. Il a alors confié avoir eu une certaine proximité avec Emmanuel Macron dans ses années à Bercy. Il indique même l'avoir aidé à financer la création de son parti En Marche !, en 2016, au moment de lancer sa première campagne présidentielle. Mark MacGann précise toutefois que cette aide n'avait "absolument rien à voir avec Uber ", entreprise qu'il avait alors déjà quittée.
Si les relations décrites par le Monde entre l'actuel chef d'Etat et Uber posent des questions d'éthique, elles ne tombent pas sous le coup de la loi. Comme le rappelait Édouard Perrin, journaliste d'investigation, sur Franceinfo lundi 11 juillet, Emmanuel Macron "peut dire qu'il défend des intérêts qui sont sous compétence de son ministère". En revanche, "En termes de moralité, il y a un souci de transparence". Le Monde note en effet que les entretiens de l'équipe d'Emmanuel Macron avec Uber en 2014 et 2015 ne sont jamais inscrits à l'agenda du ministre. Mais là encore, rien d'illégal, comme le rappelle Michel Sapin, grand architecte de la loi Sapin qui régit les liens entre politiques et lobbyistes : "Il n'y a pas, aujourd'hui, de transparence obligatoire des agendas. Toutefois, si une telle rencontre a lieu à la demande d'un lobbyiste, elle doit désormais être déclarée à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Ce n'était pas le cas en 2015. Le fait qu'Emmanuel Macron ait rencontré la direction d'Uber hors agenda, en termes juridiques, n'a rien de choquant. En termes éthiques, c'est une autre affaire."
Contactée par la rédaction du Monde, l'Elysée affirme que les relations entre Emmanuel Macron et Uber France n'on pas dépassé le cadre de ses fonctions de ministre de l'Economie : l'actuel président était "naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu'il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires". Emmanuel Macron pourrait bien être directement interrogé sur le sujet dans les prochains jours : selon les informations de Télérama, une interview du président de la République est prévue pour le 14 juillet par les chaines TF1 et France 2.
Emmanuel Macron a reçu lundi 11 juillet le soutien sans faille de la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée, Aurore Bergé, pour qui "il n'y a pas de deal, il n'y a pas de contrepartie, il y a un ministre qui a reçu de grands chefs d'entreprise et c'est normal." Soutien aussi de l'actuel ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui assure que son prédécesseur "était totalement dans son rôle de ministre de l'Economie en ayant des contacts avec le président d'Uber et en cherchant à ouvrir le marché des plateformes en ligne", son rôle étant "de faire en sorte qu'il y ait de la concurrence sur un certain nombre de marchés pour que nos compatriotes puissent payer moins cher un certain nombre de services".
Les révélations du Monde n'ont pas manqué de faire réagir l'opposition. "Macron ou le pillage du pays. Conseiller et ministre de François Hollande et lobbyiste pour multinationale états-unienne visant à déréguler durablement le droit du travail. Et ce même, en faisant fi des décisions de justice", écrivait Mathilde Panot, la présidente du groupe des Insoumis à l'Assemblée nationale, lundi 11 juillet. Indignation aussi du côté du député communiste Fabien Roussel, qui dénonçait des "révélations accablantes sur le rôle actif joué par Emmanuel Macron, alors ministre, pour faciliter le développement d'Uber en France. Contre toutes nos règles, tous nos acquis sociaux et contre les droits des travailleurs."
Ce mardi 12 juillet, la Nupes a promis la création d'une commission d'enquête sur les liens entre Macron et Uber lors de son passage à Bercy. Commission également demandée par l'Union nationale des taxis qui, par l'intermédiaire de son président Rachid Boudjema, disait ce mardi sur Franceinfo son "sentiment qu'il y a eu trahison". Du côté du RN, selon Jean-Philippe Tanguy, on verrait plutôt une investigation dans le cadre d'"un droit de suite" sur l'affaire Alstom, qui a déjà fait l'objet d'une commission d'enquête parlementaire en 2019.

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