Les récentes crises (Covid, Ukraine…) et la révolution mondiale en marche – BREIZH-INFO

Introduction
L’un des attraits de la profession de traducteur est le fait d’avoir accès à des informations de première main certes publiques, mais peu examinées et rapportées par des journalistes superficiels obsédés par la propagande idéologique et des politiques crasseux incompétents et clientélistes. Et de devoir les lire à fond. Je viens par exemple de traduire comme chaque année plusieurs rapports de gestion publiés par des grands groupes internationaux, qui sont d’autant plus intéressants qu’ils révèlent la manière dont ces derniers vivent les crises qui nous frappent actuellement si durement, et comment ils entendent y réagir. En décrivant ainsi des phénomènes qui, s’ils sont adoptés en masse par les acteurs majeurs de l’économie comme je le pressens, devraient entraîner une mutation structurelle massive de l’économie mondiale. Une révolution inouïe qui inaugure une ère nouvelle. OUI, une révolution mondiale semble bel et bien être en marche !
C’est l’immense avantage du capitalisme libéral (pas de connivence) tant honni par les songe-creux marxistes de gauche et de droite : les (vraies) entreprises ne suivent en réalité par nature aucune idéologie. Elles vivent dans une pure écologie économique. Elles réagissent à des réalités qui s’imposent à elles par des décisions qui conditionnent leur survie. Celles qui se trompent dans leurs analyses et leurs décisions payent cher leurs erreurs. Et à tous les idéologues criminels qui, drapés dans leur fausse morale hypocrite, hurlent à une « économie politique d’inspiration darwinienne », je réponds par avance : et c’est bien cela qui est moral et humaniste ! Regardez donc en toute bonne foi et toute honnêteté intellectuelle ce que font les politiques, les idéologues et autres charlatans : ces bavards malhonnêtes clientélistes et aveugles accumulent pendant des décennies des décisions aussi stupides que criminelles sans avoir jamais à payer leurs crimes qui détruisent la vie de millions de citoyens ! Ils en retirent bien au contraire de multiples avantages, privilèges, argent, carrière… Et c’est cela qui serait moral ? Alors comme on peut à nouveau le constater à la lecture de mes précédents articles, je ne suis ni platonicien ni guénonien ni a fortiori douguinien : NON, l’État ne doit pas être dirigé par les prêtres-rois ou la (première) caste sacerdotale ; et il n’est pas construit à l’envers si la (troisième) caste y joue un rôle important, a minima aussi important que les deux autres (la sacerdotale et la guerrière). Ce n’est pas la hiérarchie verticale qui caractérise l’organisation vertueuse de l’État (idéologie théocratique), mais l’équilibre des fonctions (idéologie démocratique). Et si René Guénon, grand admirateur de la pensée primordiale orientale, avait lu plus attentivement les maximes de Ptahhotep, vizir du pharaon Djedkarê Isési, il aurait prêté une plus grande attention aux remarques de ce dernier concernant l’indispensable équilibre entre Ka et Ba, entre essence et phénomène.
Mais revenons à nos rapports de gestion récemment publiés par plusieurs grandes entreprises, qui devraient être représentatifs de ce qui se passe apparemment au sein de ces dernières. Et qui semblent révéler qu’une révolution mondiale est bel et bien en marche… Je parle sous toutes réserves, parce que les événements qui façonnent l’histoire – la grande – ne sont jamais compris qu’après coup (bien que parfois aussi sous une forme totalement réécrite). Je ne prétends nullement être prophète, je ne formule ici que des hypothèses. Je peux me tromper.
Voici néanmoins quelques-unes des conclusions que j’ai tirées de mes récentes lectures :
La crise qui a le plus violemment ébranlé jusque dans leurs fondements les plus solides les grands groupes industriels mondiaux est la crise du Covid de 2020. Et en tout premier chef ce qui était devenu au cours de ces dernières décennies le cœur battant de l’économie mondiale : la Chine. Ce pays, une des pires dictatures de la planète, a connu une très inquiétante évolution depuis que Xi Jin Ping en a repris les rênes avant de s’y faire nommer président à vie. Ce rescapé de la Révolution Culturelle, traumatisé par cette époque et notamment par le destin qu’elle avait réservé à son père n’a cessé, depuis son accession au pouvoir, de multiplier les gestes politiques aussi brutaux qu’effrayants : mise au pas violente de nombreux milliardaires, journalistes, artistes et acteurs de cinéma ou autres personnages médiatiques – avec plusieurs disparitions inquiétantes, soumission violente de Hong Kong en violation des traités, mise en place d’une société de contrôle absolu alliant caméras de surveillance et identification numérique, écoutes, système d’éducation, médias, contrôle d’Internet, délation généralisée… la France en dix fois pire…
Mais pour l’économie mondiale, la gigantesque onde de choc qui l’a ébranlée en la remettant en cause jusque dans ses fondements les plus profonds est ce qu’on a appelé le « confinement » – terme de langue de bois orwellienne signifiant en fait « assignation à résidence » et « fermeture » (un crime d’État chinois repris dans le monde entier sauf en Suède et dans les États américains dirigés par des gouverneurs républicains) :
– en Chine en effet, le « confinement » a entraîné l’assignation à résidence de millions d’habitants de mégapoles tentaculaires dans des conditions souvent inouïes ;
– en Chine en effet, le « confinement » a entraîné la fermeture pendant des mois de milliers d’usines produisant des produits essentiels à l’économie mondiale, en occasionnant de dramatiques ruptures des chaînes d’approvisionnement ;
– en Chine en effet, le « confinement » a entraîné l’arrêt ou tout au moins un fort ralentissement pendant des mois des activités portuaires, avec à la clé de catastrophiques suppressions de liaisons maritimes, une raréfaction dramatique des places de fret sur des porte-conteneurs, des créneaux de transport et des conteneurs disponibles entraînant, au-delà d’un allongement insupportable des délais, une explosion des coûts de stockage et de fret impactant négativement voire définitivement la rentabilité des délocalisations en Chine ; c’est d’ailleurs ces ruptures, qui perdurent encore en 2022, qui expliquent les étranges difficultés de réassortiment de rayons de magasins (et pas seulement la guerre en Ukraine, sachant que ces ruptures peuvent avoir toutes sortes de causes qui ne concernent pas nécessairement les contenus, mais souvent aussi les contenants et notamment les emballages ou leurs composants et précurseurs, des additifs et que sais-je encore…) ;
… et cela continue jusqu’à aujourd’hui, puisqu’en Chine, le moindre cas de Covid détecté entraîne immédiatement des fermetures d’usines, de centres commerciaux, de quartiers et de villes entières etc. en provoquant des mouvements de panique inouïs que l’on peut voir sur YouTube.
Cette situation a traumatisé les grands groupes industriels mondialisés qui, comme cela peut être constaté à la lecture de leurs rapports de gestion pour les exercices 2020 et surtout 2021, sont en train de remettre à plat leur organisation mondiale avec une radicalité qui donne le vertige mais qui est à la mesure de la crise.
Mais au fait, quels sont les traits marquants de cette révolution qui embrasse production, logistique et commercialisation sans oublier la totale remise à plat de l’ensemble de la structure financière (coûts, trésorerie, financement…) au plan mondial ? Et bien ils sont multiples :
De nombreux grands groupes ont constaté avec effroi que leurs sources d’approvisionnement en de nombreux produits de base, précurseurs, produits semi-finis ou finis ou autres produits auxiliaires et annexes étaient excessivement concentrées voire provenaient exclusivement de certains pays, et notamment de la Chine. Parce que la logique de la recherche du plus bas coût (frais de transport compris) conduisait nécessairement à un tel choix. Ils étaient partis du principe que la prospérité mondiale entraînerait la stabilité du système… Les voilà donc comme une belle endormie qui se voit réveillée par le brutal déversement d’un seau d’eau glacée dans la figure. Depuis des mois (et cela se poursuit jusqu’à aujourd’hui), ils ont dû faire face à l’impossibilité de produire dans les volumes prévus et de livrer leurs clients à temps. Le but recherché était de minimiser les coûts dans la chaîne de production mondiale en compensant l’inconvénient de la longueur des transports maritimes par le recours à des porte-conteneurs de plus en plus gigantesques. Les voilà servis : les coûts de production chinois ont explosé, par ailleurs sous l’effet de fortes réévaluations à la hausse d’une main d’œuvre qui connaissait jusque-là le plein emploi. Sans parler des coûts de transport du fait de la pénurie de conteneurs et de porte-conteneurs ni de la réduction drastique des volumes fournis entraînant une impossibilité de livrer les clients, au moins dans les quantités ou les délais demandés.
Explosion des coûts, perte de marchés, la totale… Les réactions que je constate sont à la mesure du choc et portent sur deux principes fondamentaux :
1) le rééquilibrage de la production principale sur plusieurs centres mondiaux, généralement Asie (et désormais plus forcément la Chine), Europe et Amérique ; ceci afin de pouvoir basculer les volumes nécessaires pour servir les marchés entre au moins trois sites mondiaux principaux, en bon français : il s’agit de ne plus jamais mettre tous ses œufs dans le même panier ! Remarque annexe : la Chine, déjà en proie à une gigantesque crise de sa bulle immobilière, pourrait connaître une baisse quantique de sa croissance, voire une énorme récession…
2) mais l’autre aspect, plus surprenant à première vue bien que parfaitement logique, est le rééquilibrage entre production mondiale et locale
Les grands groupes mondiaux avaient, au cours des décennies passées, eu tendance à produire dans les pays qui présentaient les moindres coûts (et notamment la Chine) et à ne conserver dans tous les autres que des structures de distribution. Le choc de la crise du Covid, née en Chine, et son traitement délirant dans ce pays adopté dans tous les autres sous une forme atténuée les a pour le coup (sans vouloir faire d’humour) vaccinés !
Les grands groupes mondiaux dont j’ai lu les rapports semblent désormais privilégier un modèle dans laquelle les très grandes unités devraient être réparties sur par exemple trois sites mondiaux, mais seront en outre complétés par des sites de production locaux. En bon français : ils prévoient des relocalisations locales d’une partie de leur production, certes pour une moindre part, mais une part stratégiquement importante, dans la mesure où celle-ci sert l’objectif stratégique essentiel de pallier à tout risque de rupture d’approvisionnement pour cause de crise en étant en mesure de faire la soudure indispensable, fût-ce au prix de coûts plus élevés. Rien ne sert en effet de produire à des coûts ridicules si on ne peut par ailleurs pas livrer les clients.
Ceci veut dire que bien des grands groupes vont remettre en place des réseaux de sous-traitants locaux destinés à couvrir une partie des besoins de leurs filiales locales, certes limitée mais stratégique puisque destinée à pallier tout risque de rupture d’approvisionnement.
Et il y a encore d’autres aspects, notamment la remise à plat des modèles industriels
Les années 90 avaient vu la marche triomphale des modèles industriels japonais : kanban, Just-in-Time (JIT/Juste-à-Temps) et Flux Tendus. Ces méthodes permettaient de réduire les coûts et de réduire le total du bilan, en améliorant ainsi le ratio des capitaux propres si cher aux banquiers et aux analystes financiers (et donc aux investisseurs en bourse). Seul défaut : cela n’est praticable que si une mécanique parfaitement huilée irrigue l’intégralité des économies mondiales. Mais si un grain de sable, en l’occurrence un cataclysmique raz-de-marée submerge ces derniers, rien ne va plus ! L’impératif de sécurité impose désormais une remise à plat radicale des modèles industriels des années 90. Notamment la reconstitution de stocks tampons minimaux raisonnables doit venir compléter le rééquilibrage des grands sites de production mondiaux et celui des grands petits sites de production locaux.
Je l’ai déjà dit : les grands acteurs industriels n’ont jamais à proprement parler développé une idéologie « mondialiste ». Je dis bien les grands acteurs industriels qui produisent des biens matériels, et non des voyous criminels purement spéculateurs comme George Soros, qui n’ont jamais rien produit mais au contraire détruit des centaines de milliers d’emplois en manipulant artificiellement des cours – ce qui devrait être interdit. J’ajoute au passage que George Soros a complètement trahi les idées que Karl Popper avaient développées dans son Open Society (fin de la parenthèse).
Ils sont néanmoins toujours partis du principe que la prospérité mondiale permettrait de surmonter les différences culturelles et civilisationnelles. Dont ils n’ont en fait jamais nié la réalité comme le dit bien le fameux slogan Think global, act local. On rappellera ici utilement que l’une des causes sous-jacentes éminentes des deux guerres mondiales du XXème siècle était le choc des empires centraux et du Japon, privés de nombreuses matières premières et donc entravés et même menacés dans leur développement, et des empires coloniaux français et surtout britannique, qui accaparaient une énorme part des ressources mondiales… Le libre-échange et la fin des empires coloniaux, défendus par les États-Unis après 1945, visait à mettre définitivement fin à ce problème structurel en favorisant la paix – les États-Unis veillant jalousement par ailleurs à ce que des matières premières essentielles à l’économie mondiale (dont la leur) restent sous le contrôle de pays alliés. Naturellement.
Là aussi, ils doivent déchanter et constater avec effarement que des considérations religieuses, idéologiques et politiques peuvent primer sur toute autre considération, notamment économique, dans des pays qui avait pourtant bénéficié dans une ampleur inégalée de la prospérité apportée par la mondialisation (pas la France bien sûr, théocratie jacobino-marxiste totalement arriérée). Ainsi Xi Jin Ping mène-t-il désormais en Chine une politique qui met en danger dans des proportions vertigineuses la prospérité de son pays. La mise au pas de nombreux entrepreneurs qui avaient pourtant toujours agi dans le cadre d’un capitalisme de connivence intimement lié au PCC et présentant des traits spécifiques d’un communisme 2.0 (par exemple la substitution de la propriété privée par un système de bail à très long terme), la soumission de Hong Kong, la mise en place d’une société de contrôle absolu, la volonté de briser Taiwan, pas seulement pour des raisons historiques mais par peur panique de voir une société démocratique à la chinoise (avec des phénomènes démocratie directe tant rejetée par la macronie, pour laquelle « la Suisse n’est pas du tout un modèle » !) émerger aux portes d’un empire totalitaire, et la gestion de la crise du COVID montrent que le rejet radical de toute démocratisation et la volonté de briser toute velléité de liberté prime sur toute autre considération aux yeux de Xi Jin Ping. Y compris la prospérité économique, que sa politique compromet au moment où une crise immobilière cataclysmique menace de plonger l’empire du milieu dans une crise économique qui pourrait, après le COVID et la guerre en Ukraine, représenter une troisième onde de choc titanesque à frapper l’économie mondiale.
Et la même chose est vraie pour la Russie de Poutine, qui renoue avec des velléités impériales eurasistes sans hésiter à compromettre les avantages qu’apportaient les relations économiques avec l’Europe en le livrant à la seule Chine. Alors qu’une politique de Balance of Power eût été à mon avis plus sage. Et la Turquie d’Erdoğan, qui accorde elle aussi une grande importance à la création de son empire néo-ottoman qui vise à une expansion d’influence dans toute l’Asie musulmane et en partie turcophone, sans parler d’une Europe hébétée en voie d’islamisation et devenue pour cette raison une des priorités de son Millî Görüs. Sans parler de l’Inde (ou du monstrueux Pakistan !) de Narendra Modi , chef du parti réputé national-populiste, anti-musulman et xénophobe Bharatiya Janata Party.
Le XXème siècle avait, comme je l’ai dit, été le choc des empires centraux et coloniaux (tous européens à part le Japon) pour le contrôle des matières premières mondiales. La fin, en 1873, du libre-échange de la période 1860-1873 avait en effet permis leur accaparement par l’empire britannique. La crise de la mondialisation au début du XXIème siècle inaugure une époque radicalement différente, qui voit des peuples se révolter contre les atteintes à leur culture et à leur âme (et principalement à leurs valeurs religieuses, qu’elles soient pratiquées ou non), tandis que des empires renforcés par une période de prospérité y voient une occasion de reprendre leur expansion, surtout perçue contre une revanche à prendre sur l’Occident.
Pour les groupes industriels mondialisés, cela entraîne la nécessité de faire face à des menaces qu’une partie de leurs actifs puissent à tout moment être engloutie dans des conflits opposant des empires ennemis dans lesquels ils sont implantés. En Russie, de nombreuses entreprises occidentales ont brusquement, de façon inattendue et en quelques mois, dû faire une croix sur des milliards d’investissements réalisés sur trente ans. Il est vrai qu’ils avaient oublié les mêmes pertes subies à la fin de la première guerre mondiale dans ceux qu’ils avaient fait dans l’apparemment inébranlable empire russe entre 1893 et 1918. Ils croyaient ces temps révolus.
La croyance en le village global a volé en éclat, et les industriels ont désormais parfaitement intégré le fait que nous nous trouvions à l’époque du choc des civilisations et des peuples prédite par Samuel Huntingdon. Une époque hybride, dans laquelle la mondialisation devrait perdurer, mais dans des conditions de menaces accrues.
Les assertions suivantes ne proviennent pas de mes lectures, mais de mes réflexions découlant des éléments précédemment cités. Je commencerai par dire que je ne crois pas – mais je peux me tromper – qu’il y ait à craindre à l’avenir de guerre nucléaire. Même les bombes tactiques ou les bombes « sales » sont inenvisageables, parce qu’elles menacent tout autant les troupes de l’attaquant que celles du défenseur. Et parce que les conséquences politiques sont incalculables.
Je pars du principe que les menaces de ce type sont de nature politique et relèvent de la guerre psychologique. Mais dans les coulisses, d’autres réfléchissent à de tout autres moyens d’action. De manière assez intéressante, la guerre en Ukraine pourrait, à l’instar de la Guerre de Crimée de 1853-1856, devenir un laboratoire dans lequel s’élaborent les guerres du XXIème siècle. On se souvient du rôle historique que la Guerre de Crimée avait joué dans la révolution des stratégies et des tactiques militaires jusqu’à 1914-1918 : les belligérants, partis sur les tactiques des guerres napoléoniennes (guerre de mouvement, avance rapide à pied et à cheval de plusieurs corps d’armée séparés se concentrant au dernier moment dans le cadre d’une stratégie offensive, recours massif à l’ordre mixte etc.) avaient finalement fini par adopter de tout autres pratiques (utilisation massive du chemin de fer et de la marine et d’une artillerie nouvelle, guerre de positions avec des tranchées etc.). Des pratiques qui connaîtront un immense développement au cours de la Guerre de Sécession américaine (1861-1865), la Guerre franco-allemande de 1870-71 jusqu’à la Grande Guerre de 14. Qui verra ensuite une nouvelle révolution avec l’invention des chars.
Et bien je crois que la Guerre d’Ukraine est en train d’accoucher des futures guerres du XXIème siècle, qui verront les phénomènes observés connaître une gigantesque évolution à laquelle nous serions très inspirés de nous préparer. Je parle de la guerre hybride new age. Cette section intéresse les États autant que les industriels.
La guerre hybride new age (je n’ai pas d’autre terme à l’heure actuelle) est une guerre qui combine trois types d’actions :
1. des actes visant à provoquer des ruptures d’approvisionnements essentiels à l’économie adverse (céréales, pétrole, gaz…) ; cela a certes existé à partir de la crise de la faillite du Kreditanstalt de Vienne (1873) qui avait marqué la fin du libre-échange de 1860-1873, l’accaparement du contrôle des matières premières mondiales, notamment par l’empire britannique (et accessoirement de l’empire français et des États-Unis), lequel prenait à la gorge les empires centraux et avait poussé ces derniers et surtout le Japon, à l’étroit dans son archipel et dépourvu de toutes ressources propres, à se lancer dans la création de la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale (qui impliquait de chasser les Occidentaux de tout cet espace) ; notons que la différence par rapport à cette époque est que les fronts sont désormais renversés puisque c’est désormais la Russie et l’Afrique, ennemies de l’Occident qui contrôlent des matières premières mondiales essentielles…
2. des actes de sabotage d’infrastructures essentielles à la bonne marche de l’adversaire à tous les niveaux (État, armée, économie…), infrastructures routières et ferroviaires (un grand classique), mais surtout infrastructures de production et de distribution d’eau, d’électricité et Internet. Y compris en pleine paix – c’est la vraie nouveauté.
3. des actions de communication visant essentiellement à occulter l’identité des auteurs (« Ça n’est pas nous, c’est les autres »). Ceci permet d’attaquer tout en semant le doute sur la légitimité d’exercer des représailles.
Cela a déjà commencé. Avec l’embargo sur les céréales, le gaz et le pétrole russe. Avec le sabotage du gazoduc Nordstream. Avec les bombardements russes des infrastructures ukrainiennes d’eau, de chauffage, d’électricité… avec les récents sectionnements de câbles Internet sous-marins. Ça n’est que le début, et pourrait à l’avenir connaître un développement exponentiel.
Cela amène à diverses réflexions, que je présente ci-après sous la forme d’un pot-pourri de remarques annexes un peu décousues et non-exhaustives. Tout d’abord, les entreprises industrielles devront donc à l’avenir s’efforcer de maintenir leur présence mondiale tout en anticipant toute une série de risques et de menaces, entre autres :
– Remarque annexe 1 : risque d’interruption de certaines productions, les usines ne peuvent plus être concentrées dans un seul pays, une partie de la production doit être maintenue localement, mais aussi la production de produits donnés ne doit pas dépendre de matières première trop rares concentrées dans très peu voire un seul pays ;
– Remarque annexe 2 : risque de sabotage d’infrastructures essentielles à la poursuite de l’activité, eau, chauffage, électricité, Internet, les grands groupes industriels et autres devront réfléchir à la nécessité de penser à l’autonomie énergétique (groupes électrogènes de secours), thermique (solaire thermique, géothermie de surface) & d’approvisionnement en eau (récupération de l’eau de pluie et recyclage des eaux usées), Internet (complément des connexions filaires par des connexions hertziennes) de toutes leurs unités au plan national, régional, local et individuel (voir mon article à ce sujet) ;
– Remarque annexe 3 : voiture électrique ou à hydrogène ? Les politiques, obnubilés par l’écologie idéologisée favorisent depuis des décennies la voiture électrique, or celle-ci implique le recours à des terres rares comme le cobalt, dont l’extraction est d’une part fort peu écologique, et qui est de l’autre une ressource concentrée en Afrique, un continent politiquement très instable et de plus en plus hostile aux Occidentaux. D’où la question : ce choix est-il stratégiquement raisonnable ? Mon opinion est que la voiture à hydrogène est une bien meilleure solution (parce que l’hydrogène est extrait de l’eau qui est très abondante sur cette planète, le problème restant le coût d’extraction, dont le solutionnement passera par le développement de technologies adéquates) ;
– Remarque annexe 4 : écologie & protection de l’autonomie agricole, problème qui touche des pans entiers de la planète. Notons que dans les années 30, les empires centraux (et la Suisse, la Suède, la Finlande…) avaient pratiqué des politiques d’autarcie alimentaire. Sans aller jusque-là, il est évident par exemple que l’agriculture française (alimentaire & industrielle, p. ex. chanvre, lin… sans exhaustivité) doit être protégée, modernisée – je renvoie à mon article sur l’agriculture en Bretagne, toujours d’actualité. Sachant que le cœur de la crise mondiale se situe ici au niveau des pays africains et du Moyen-Orient. Comment se fait-il que ces régions ne soient pas autonomes au plan alimentaire au point de devoir importer la quasi-totalité de leurs besoins en céréales ? Alors que l’Afrique précoloniale avait toujours été autosuffisante ? Alors que l’Égypte et l’Afrique du Nord étaient le grenier à blé de l’empire romain dans l’antiquité ? Le problème démographique doit être pris à bras-le-corps !
– Remarque annexe 5 et finale : les États aussi devront répartir leurs centres de décision. Or, l’organisation centralisée de l’État français, outre son caractère antidémocratique, est l’une des plus archaïques au monde. Et le jacobinisme reste un impensé inouï, à droite comme à gauche. Par ailleurs, son idéologie marxiste et antilibérale devrait limiter les relocalisations industrielles et continuer à entraver le développement de ses TPE et PME-PMI. La France a énormément pâti de la mondialisation, du fait qu’il est inepte d’ouvrir les frontières d’une économie soviétisante écrasée d’impôts et de charges. Et le libéralisme, le vrai, reste à nouveau un impensé inouï, à droite comme à gauche. Elle ne devrait donc profiter que dans une mesure limitée de la réorganisation de l’économie mondiale et notamment des relocalisations.
Conclusion : il semble que nous ne soyons plus dans un cycle de Juglar (env. 10 ans), mais bel et bien dans un cycle de Kondratiev (env. 25 ans). Comme dans les années 1975-1981/1990. Qui avaient amené de grands changements structurels et notamment politiques en mettant fin au monopole de la droite gaulliste depuis 1958. Prémonitoire ? Si une droite rénovée devait arriver au pouvoir, elle devrait alors repenser de fond en comble les questions du fédéralisme et du (vrai) libéralisme. Sinon il n’y aura pas d’avenir pour la France. La question identitaire est primordiale, mais elle ne suffit pas.
Dernier point : je ne crois pas que les craintes des survivalistes soient fondées. Mais nous pourrions connaître pendant 10 à 20 ans des temps très chaotiques…
Philippe Perchirin
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